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Lexique

All over

Ce terme anglais apparaît dans les années 1940 et caractérise une répartition presque uniforme des éléments picturaux sur la surface du tableau, comme s’ils étaient découpés dans une surface plus large. Est habituellement employé pour décrire la manière picturale de Jackson Pollock qui, à son tour, pouvait voir des exemples de la même technique chez Tobey et Klein, sans parler des exemples plus anciens qu’on pourrait reconnaître, par exemple, dans Les Nymphéas de Monet. (BC)

Académisme

À l’origine, l’académisme est un mouvement dans l’histoire de l’art du XIXe siècle, basé sur des conventions élaborées dans les Académies des beaux-arts d’Europe à partir de la fin de la Renaissance. Depuis les années 1930, ce terme est valorisé dans le monde socialiste et, plus tard, dans certains pays en voie de développement, mais utilisé de façon péjorative en Occident. Ici, il est associé avec un manque d’originalité et stigmatise le caractère non exploratoire de l’art observant les règles et les procédés enseignés dans les académies du passé. Depuis les années 1960, la peinture abstraite et surtout monochrome est régulièrement qualifiée de nouvel académisme. On présume parfois que ses conventions ne sont pas moins strictes que celles des Salons du XIXe siècle ou même celles des artistes soviétiques contraints d’exécuter les portraits des dirigeants communistes. Pourtant, le contexte post-moderne, qui favorise une coexistence et une polyphonie de différentes approches, permet aux artistes abstraits de continuer leur exploration. De plus, dans les dernières décennies, plusieurs artistes recourent à des formes de l’académisme ancien et moderne pour manifester leur attitude complexe — ironique, nostalgique, etc. — par rapport aux « grands styles » et aux « grands récits ». Ainsi, les académismes semblent réactualisés, et leur présence au sein de la culture contemporaine rend la vie artistique moins homogène à l’époque des avant-gardes militantes. (BC)

Aplat

Surface picturale homogène et plate peinte de façon uniforme, sans laisser de traces du pinceau. (BC)

Automatisme

Ce phénomène doit beaucoup à la pensée freudienne et surtout au surréalisme dans le cadre duquel il apparaît en tant que technique d’écriture non contrôlée par la conscience. Dans les beaux-arts, ses premières manifestations sont liées aux Dessins automatiques (1924) d’André Masson. L’automatisme se constitue comme une méthode de dessin ou de peinture où le crayon ou le pinceau vagabondent sur une surface picturale sans projet déterminé, en suivant une inspiration inconsciente de l’artiste. On voit apparaître certains effets de cette approche dans les expériences de l’expressionnisme abstrait américain et dans celles du groupe montréalais des artistes qui se sont dénommés Automatistes. (BC)

Automatistes

Le groupe des Automatistes commence à se former autour de Paul-Émile Borduas dès l’automne 1941. Fascinés par ce professeur de l’École du meuble aux idées avant-gardistes, les jeunes artistes se rencontrent à l’atelier de Borduas pour discuter de marxisme, de surréalisme et de psychanalyse — à cette époque, des sujets presque tabous ! Ce qui rassemble les Automatistes, c’est le désir de rompre avec les valeurs conservatrices de leur société. Ils ont soif de liberté, de transformation radicale. Inspirés par le surréalisme européen, ils en retiennent l’injonction d’abandonner la raison et l’intention, afin de laisser place à l’intuition et à la spontanéité. Voilà, pour eux, les véritables sources de la création. L’automatisme ne sera pas un style pictural, mais bien un état d’être, une philosophie de la vie. Multidisciplinaire avant son temps, l’automatisme va se vivre en peinture avec Fernand Leduc, Pierre Gauvreau, Marcelle Ferron, Jean-Paul Mousseau, Marcel Barbeau et Jean-Paul Riopelle. En danse avec Françoise Sullivan, Louise Renaud et Françoise Riopelle. Thérèse Renaud et Claude Gauvreau exploreront la voie de l’écriture, Bruno Cormier sera psychanalyste, alors que Magdeleine Arbour, Muriel Guilbault et Maurice Perron apporteront une contribution remarquée en design, en théâtre et en photographie. C’est le critique d’art Tancrède Marcil qui, dans un texte de 1947, les surnommera le groupe des Automatistes, allusion au titre d’un tableau de Paul-Émile Borduas. (MFB)