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Entrevue avec l'artistePour en savoir plus

Premières abstractions

Sans titre - 1951 (tirée de l'album Sans titre, 1971)



Comme tout étudiant à son époque, Claude Tousignant commence à apprendre les beaux-arts en peignant des paysages et des natures mortes. Pourtant, déjà au début, sa peinture n’est pas académique ou impressionniste. Ses premières œuvres — telles Sans titre (paysage), 1948, et Les lys, 1950 — témoignent avec évidence que le futur artiste cherche à éviter les modes d’expression officiellement respectés et favorisés dans le Québec de l’après-guerre. Sans s’attarder sur les expériences obligatoires de représentation et d’imitation de la nature, il crée d’abord des tableaux semi-figuratifs (Mache, 1950) et avance rapidement vers la peinture abstraite (Ussimimique, 1951). On retrouve dans la Collection du Musée d’art contemporain de Montréal une réplique de Ussimimique, intitulée Sans titre et réalisée par Claude Tousignant en 1971 sous la forme d’une sérigraphie. Cette oeuvre tire sa tension du contraste entre de grandes surfaces sombres et d’autres, pâles, qui interagissent de façon conflictuelle, sans présenter ces zones de passage que l’on appelle soft-edge. (Boris Chukhovich)

Verticales 1954 (tirée de l'album Sans titre, 1971)


 
Aquarelle 1955 (tirée de l'album Sans titre, 1971)



Pendant la première moitié des années 1950, c’est à travers la gestualité que Claude Tousignant redécouvre la valeur des couleurs pures. Valorisées au début de la révolution moderniste en réaction à la peinture académique, celles-ci n’étaient pas en faveur à l’époque de l’expressionnisme abstrait et de l’automatisme. Les couleurs composées de plusieurs tons, dont le noir et le blanc, semblaient convenir mieux à la présomption selon laquelle l’artiste doit exprimer sur le tableau ses émotions inconscientes, qui ne sont jamais « pures » et « claires ». En abordant, dans une série de 13 tableaux exécutés en 1953 et 1954, le problème de la couleur, Tousignant passe de l’expérience tachiste à la gestuelle, tout en recourant aux couleurs pures apposées au moyen de la technique all-over. Ensuite, toujours dans le gestuel, il s’attaque résolument aux problèmes du rythme et de la forme. Durant les années 1954 à 1956, il crée une série d’aquarelles présentées à la galerie Actuelle en 1957, au cours de l’exposition commune avec Guido Molinari, qui y apporte ses calligraphies. Cette exposition a démontré explicitement le caractère auxiliaire de la gestualité chez Tousignant. Dans la Collection du Musée d’art contemporain de Montréal se trouvent deux sérigraphies de Claude Tousignant reprenant les travaux de ce cycle : Verticales, 1954, et Aquarelle, 1955 (œuvre d’expression tachiste). (Boris Chukhovich)