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Entrevue avec l'artistePour en savoir plus

Diptyques

Le Jaune et le rouge - 1971 (tirée de l'album Sans titre, 1971)


 
Sulfo-Sélénide, 1973



À la fin des années 1960, au moment où Gongs et Accélérateurs ont été appréciés et largement diffusés sur différentes scènes artistiques, Claude Tousignant apporte dans le traitement du format circulaire des innovations majeures : il diminue le nombre des bandes en les rendant plus larges. Il est possible d’admettre que, par cette transformation, l’artiste vise à réduire une fausse impression associant le centre du tableau à un « point de fuite ». Évidemment, l’épaisseur égale des bandes étroites colorées ne suffisait pas pour faire disparaître cette connotation instinctive. Ainsi, l’artiste passe aux cercles dont le nombre de modules est souvent réduit à trois ou même à deux et commence à combiner les cercles en diptyques (Le Jaune et le Rouge, 1971 ; Sulfo-Sélénide, 1973). La Collection du Musée d’art contemporain de Montréal comprend une réplique de l’œuvre Le Jaune et le Rouge, exécutée par Claude Tousignant sous la forme d’une sérigraphie intitulée Le Jaune et le rouge – 1971, et tirée de l’album Sans titre (1971). (Boris Chukhovich)

Non-lieu, 1980



Le diptyque de Tousignant contient deux cibles de format identique qui sont autonomes dans l’espace mais rapprochées tant par leur format que par les harmonies de couleur qu’elles partagent. La forme du diptyque n’est pas banale et elle génère des effets importants. La peinture de Tousignant, qui a toujours été agressivement abstraite, brise dans ces diptyques de cibles le dernier lien qui pouvait encore la retenir à l’espace unifié — siège de l’espace spéculaire, dans lequel on peut se projeter et, avec nous, le monde qui nous entoure. Là où on trouvait le point de fuite, il y a maintenant un vide, soit le mur de la pièce où est accroché le diptyque; au centre de l’œuvre nous sommes en dehors de l’œuvre. […] Les diptyques de Tousignant résistent au regard qui tente de les fondre en une forme et résistent d’autant plus que chaque forme est parfaite et complète en elle-même. […] La couleur a le dernier mot; elle est la marge du peintre qui, par elle, diversifie au maximum une forme donnée et même la plus contraignante : le diptyque de cibles. (France Gascon, « Tousignant : la couleur incluse », Diptyques 1978-1980, Musée d’art contemporain de Montréal, 1980, catalogue non paginé.)