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Entrevue avec l'artistePour en savoir plus

Abstraction géométrique

Oscillation 1956 (tirée de l'album Sans titre, 1971)



Le passage de la gestualité et du tachisme vers la géométrie s’effectue déjà au cours des années 1955 et 1956 où Tousignant réalise une série de peintures hard-edge. En se transformant en formes polygonales, les taches s’aplatissent, leur texture disparaît et leur nombre diminue considérablement en donnant plus d’espace aux masses de couleurs pures. La réduction du nombre d’éléments rend perceptibles différentes relations entre eux. Le tableau Oscillation (1956), qui oppose deux rectangles monochromes — rouge et noir — a marqué une certaine limite de ce paradigme. On retrouve dans la Collection du Musée d’art contemporain de Montréal la réplique de ce tableau, une sérigraphie réalisée par Claude Tousignant en 1971 et intitulée Oscillation 1956. (Boris Chukhovich)

Le Carreau bleu 1960 (tirée de l'album Sans titre, 1971)


 
Verticales jaunes 1958 (tirée de l'album Sans titre, 1971)



Après avoir réalisé Monochrome orangé, Claude Tousignant revient aux tableaux polychromes dans lesquels il joue avec des plans horizontaux (Horizontale rouge, 1958; Sans titre, 1960), verticaux (Verticales jaunes, 1958; Le Carreau bleu, 1960) ou mosaïques, en visant les effets esthétiques provenant de l’interaction des masses et de la subordination géométrique des éléments picturaux. On retrouve dans la Collection du Musée d’art contemporain de Montréal des répliques de ces œuvres réalisées par Claude Tousignant en 1971 sous la forme de sérigraphies tirées de l’album «Sans titre», 1971. (Boris Chukhovich)

Le Gong chinois, 1962



Bien que Claude Tousignant partage les préoccupations des premiers Plasticiens en ce qui a trait à « l’épurement incessant des éléments plastiques et de leur ordre », il n’en propose pas moins, dès 1956, une vision plus radicale des structures picturales en regard de la forme et de la couleur. Il réalise des tableaux de type « hard edge » élaborés à partir d’une grille horizontale ou verticale supprimant sans équivoque toute intention figurative ou paysagiste et toute suggestion d’un espace tridimensionnel. En 1961 et 1962, Tousignant adopte temporairement une facture plus déliée où l’insertion d’une masse plutôt carrée préfigure l’inscription ultérieure du cercle et des formes concentriques, et l’adoption subséquente du schéma circulaire. Ainsi, dans Le Gong chinois (1962), la répartition des zones colorées souscrit à deux principes à la fois antagonistes et complémentaires : la juxtaposition de bandes verticales et l’asymétrie de rapports réversibles fond-forme. Le contraste dynamique du blanc et du solide pourpre, la subtilité des variations chromatiques et le recours à la transparence et à la fluidité des contours confèrent à ce tableau lumineux un caractère « évidentiel » et la résonance d’une œuvre charnière.

(Josée Bélisle, « Claude Tousignant », La Collection : tableau inaugural, catalogue d’exposition, Musée d’art contemporain de Montréal, 1992, p.110.)