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Note biographiqueParcours artistique

En guise de conclusion

Dans son texte ouvrant le catalogue-manifeste Art abstrait, la théoricienne du plasticisme Fernande Saint-Martin écrit : « Je suis convaincue qu’en poursuivant sa recherche réfléchie sur les possibilités déjà entrevues de l’univers plastique abstrait, la peinture actuelle découvrira par elle-même les structures d’un monde non verbal sans cesse interrogé et qu’elle révélera dans les cadres d’une nouvelle logique, d’une nouvelle psychologie et d’une nouvelle géométrie, les dimensions les plus profondes de l’homme nouveau. » Cette idée démontre des liaisons que les Plasticiens préservent avec leurs grands précurseurs : les suprématistes et constructivistes russes dont l’objectif essentiel était la création de cet homme nouveau, l’homme de l’avenir. L’échec de ce grand rêve et la concentration inévitable de la peinture abstraite sur elle-même constituaient souvent une impasse aux yeux des artistes. De grands maîtres du XXe siècle — Malevitch, Rodtchenko, Rauschenberg, Klein —, après avoir créé des œuvres monochromes, avaient eu l’impression qu’elles signifiaient le point final de l’art abstrait, d’où leur retour commun vers le contraire : soit la peinture figurative, soit la photographie, soit le nouveau réalisme, soit le pop-art. Le caractère singulier de la carrière de Tousignant consiste en ce que le refus définitif de toute spéculation à propos de la peinture abstraite et surtout à propos de la peinture monochrome n’a pas poussé l’artiste au retour à ce qui lui semblait dépassé. Tousignant préfère rester à l’ « intérieur du point final », dans un abstrait absolu, en repoussant ses limites et en explorant ses qualités innombrables. Et cette quête d’infini ne s’épuise pas…

Boris Chukhovich


Notes de bas de page
  1. Fernande Saint-Martin, « Révélations de l’art abstrait », dans Art abstrait : Belzile, Goguen, Juneau, Leduc, Molinari, Toupin, Tousignant, Montréal, Écoles des beaux-art de Montréal, 1959.